le "sous-marin en or" rencontre des Japonais avec les Allemands

21/02/2014 13:20

Le sous-marin I-52

Le I-52, sous-marin cargo,  est mis en service en décembre 1943. Le 10 mars 1944, il quitte Kure, pour sa première mission, à destination de Lorient. 
A bord, 95 hommes et 14 passagers : 
+ sept ingénieurs et techniciens en optique militaire, 
+ cinq spécialistes du chiffre,  
+ un interprète allemand-japonais. 
+ Un envoyé spécial de la maison de l'empereur porteur d'un pli imérial à destination de l'ambassadeur  du Japon en Suisse, avec un machine de cryptage modéle 94 améliorée, pour l’ambassade du Japon à Berlin.
Le 21 mars, il arrive à Singapour et charge  
+ deux tonnes d’or, trois tonnes d’opium ,  9,8 t de molybdéne
+ 120 t d'étain, 60 t de caoutchouc, 3,3 t de quinine et 55 kg de caféine.
A la derniére minute, il embarque 30 tonnes de "matériel secret"  dans des caisses revêtues du sceau impérial, peut être de l'or. destiné à être convoyé en Suisse.
 L’or, fruit du pillage en Extrême-Orient, est destiné à être fondu par la Reichbank en lingots « légaux »  La moitié des 2 tonnes officielles est destinée à alimenter les comptes suisses de l’Empereur  et l’autre à payer l’achat de matériel militaire optique ZEISS.  Ces deux tonnes et surtout les 30 autres font rêver aujoud'hui encore les chasseurs de trésor et ont valu plus tard son surnom au sous-marin. 
Il quitte Singapour le 23 avril et les Japonais lui associent le nom de code « Momi » (Sapin). 
 
Le 7 mai, les services d’écoute US concluent que le I52 a quitté Singapour et commencent à suivre sa progression.  Le 15 mai, le commandant envoie un message aux Allemands qui lui assignent le nom de code « U-Tanne ». Les services d’écoute alliés décodent le message et assignent le I-52 au groupe anti-sous-marin  F-21 en opération près des Azores et qui a déjà coulé le RO-501. 
Le 6 juin, l’Amiral KOJIMA, attaché naval à Berlin, indique au I-52 et à Tokyo que le débarquement des alliés en Normandie peut compromettre la mission et faire dérouter le I-52 vers la Norvège. 
Un rendez-vous est convenu avec un sous-marin allemand à un point désigné. KOJIMA commet l’imprudence d’indiquer la position du I-52. Tout est décodé par les Alliés. 
Le 22 juin (les archives parlent parfois du 18) à 21h15, le I-52 rencontre  le U-530, commandé par le capitaine Kurt Lange, parti le 22 mai de Lorient. Le lieutenant Schäfer embarque sur le I-52 pour aider à la navigation, ainsi que deux opérateurs radio. Un détecteur radar « Naxos 7 » dernier cri est installé. Le U-530 repart vers Trinidad, en immersion grâce à son schnorkel. 
Le 23 juin, vers 23H40, le I-52, en surface (il n'a pas de schnorkel), est repéré au radar par un avion du porte-avions BOGUE, du groupe F-21.  Le I-52 échappe à cette attaque à la grenade.  
Le groupe F-21 dispose de bouées de détection sonores, dont c’est la première utilisation opérationnelle.  le premier avion arrive à localiser au bruit le sous-marin et l’attaque avec un nouveau type de grenade acoustique. Au petit matin, un deuxième avion vient porter le coup de grâce. 
L'agonie du I-52 et les conversations des aviateurs sont entegistrées sur des bobines de magnétophones à fil embarqués. Ces bobines seront retrouvées dans les archives américaines en 1985.
 
L'ambassadeur japonais en Suisse,  Fujimura, est venu pour réceptionner le pli de l'Empereur et la cargaison spéciale. Certains historiens pensent qu'il s'agissait d'un projet de traité de paix entre Japon et Etas-Unis, en cours de discussion entre Fujimura et A.Dulles, d'autres pensent que c'était surtout pour convoyer l'or de l'Empereur.
20 diplomates attendent d’être rapatriés, sont  logés à Trévarez pour échapper aux bombardements et assistent à un repas offert le 23 juillet par Donitz, qui fait le tour des régions maritimes suite à l'attentat contre Hitler. Ils sont transférés à Lorient le lendemain matin pour des raisons d'insécurité, échappant de peu au bombardement du château prévu ce jour là.. Des bâtiments de la Kriegsmarine se préparent à escorter le sous-marin. La cargaison est entassée :
+ 35 à 40 tonnes de documents et plans secrets, 
+ deux torpilles acoustiques « ZauKonig », 
+ un réacteur Jumo, des radars, 
+ des roulements à bille, 
+ des viseurs de bombardiers, des produits chimiques, du verre optique + surtout 
+ 800 kilogs d'oxyde d'uranium 238  qui répond à une demande du programme atomique japonais, en train de mettre au point une filiére d'enrichissement.  
+ L’installation d’un schnorkel sur le sous-marin est prévue pendant son séjour qui devait durer 4 semaines. 
Du 28 au 30 juillet, trois signaux codés indiquent que le I-52 se rapproche du port.  Ces signaux auraientt été une ruse des services anglais. 
Le 4 août l’amiral Donitz reconnaît la perte probable du I-52 et les diplomates japonais rentrent sur Paris et Berne.
 

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