La bataille de Guadalcanal

Du 7 août 1942 au 9 février 1943 sur et autour de l'île de Guadalcanal. Ce fut la première offensive majeure des forces alliées contre l'Empire du Japon.
Le 7 août 1942, les forces alliées, majoritairement américaines,débarquèrent sur les îles de Guadalcanal, Tulagi et Florida, dans le sud des îles Salomon, avec l'objectif d'interdire leur usage par les Japonais pour menacer les voies logistiques et de communication entre les États-Unis, l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Les Alliés avaient également l'intention d'utiliser Guadalcanal et Tulagi comme bases pour soutenir une campagne dont l'objectif est de capturer ou neutraliser la base principale japonaise de Rabaul sur l'île de Nouvelle-Bretagne.
 
 

Déroulement de la bataille 

Phase 1

Le 7 août 1942, après trois heures de bombardement naval, 13.000 Marines débarquèrent sur la côte Nord de Guadalcanal, à proximité de l'embouchure de la rivière Lunga.  6.000 autres débarquèrent sur quelques petites îles voisines afin d'en assurer le contrôle.
Le contre-amiral Fletcher, en charge de l'aspect naval de l'opération, craignant pour ses trois porte-avions, vulnérables à des attaques japonaises, décida qu’il n’appuierait le débarquement que pendant deux jours au lieu des quatre nécessaires pour décharger l’équipement et la logistique.  Dans les faits, il ne resta que 60 heures sur place, précipitant le débarquement. Ainsi, les Américains ne disposaient que de 6 semaines de vivres et 4 jours de munitions pour l’opération.
Le débarquement s'effectua sans résistance mais, rapidement, les Japonais se remirent de leur surprise et entreprirent de bombarder les navires de débarquement et la tête de pont US.
Cela n'empêcha pas les Marines de progresser vers le Sud et de s'emparer de l'aérodrome en 36 heures.
La situation US n'était toutefois guère encourageante car, dès le 8 août, les porte-avions de Fletcher avaient été contraints de se retirer du théâtre d'opération.
Dans le même temps, 8 navires japonais, commandés par le vice-amiral Mikawa, furent détectés en provenance de Rabaul et à destination de Guadalcanal. Mais les services US de renseignements considérèrent qu’il ne s’agissait que de bâtiments de soutien. En réalité, cette flotte se constituait de 8 bâtiments lourds dont des croiseurs qui attaquèrent de nuit et par surprise les bateaux américains croisant dans la baie entre les îles de Guadalcanal et de Florida. Ce raid éclair permit aux Japonais de couler 4 croiseurs alliés et d’endommager trois autres unités dans ce qui allait devenir la tristement nommée « baie au fond de ferraille ». Dès lors, le 9 août, privés de protection, les navires de transport alliés se retirèrent avec 3.000 Marines qui n'avaient pu être débarqués, la moitié des vivres, la plupart des munitions et toute l'artillerie lourde.
Le porte-avions américains USS Wasp ,12 Aout 1942.
 

Phase 2

Les troupes américaines renforcent néanmoins rapidement leur dispositif en pré positionnant sur l’aérodrome Henderson 19 chasseurs et 12 bombardiers en piqué. Les Japonais, persuadés que le dispositif US est faible décident l’envoi d’une force d’élite de 1000 hommes commandé par le colonel Ichiki pour renforcer la résistance nipponne de la garnison. Cette force débarque à Taivu sans aucun appui aérien ou naval avant d’être anéantie par les Marines le 18 août. Après cette première confrontation commence une lente campagne aéronavale des deux côtés pour permettre l’acheminement de quelques renforts et du ravitaillement. Pour le Japon, l’objectif est d’assurer le passage des convois de navires appelés « Tokyo Express » tout en harcelant les Marines par de rapides raids aériens (les bases japonaises étant éloignées, leurs avions ne peuvent rester plus de quelques minutes sur Guadalcanal). Néanmoins, fin août, protégé par la flotte de l’amiral Yamamoto, le général japonais parvient à débarquer 6000 hommes et attaque le dispositif américain par le sud avec 3000 soldats à partir des crêtes qui dominent l’aérodrome d’Henderson. C’est la bataille de la « crête sanglante » où les 700  Marines du colonel Edson repoussèrent les 12 assauts nippons de la nuit du 13 au 14 septembre.
L' aérodrome henderson
 
Epuisés les soldats US réclament des renforts à l’amiral Ghormley qui ne consent que 3000 hommes pour garder ses troupes pour une opération à 500km de là sur l’ile Ndeni. Heureusement, l’amiral Scott qui commande les navires de ligne au large de l’île surprend, de nuit, un convoi de renfort japonais au Cape Esperance et le taille en pièces. Mais le 13 octobre, il est à son tour pris au dépourvu quand deux cuirassés ennemis franchissent son dispositif et bombardent la piste d’Henderson détruisant la moitié des avions. Au-delà de ces actions militaires, la bataille de Guadalcanal met en évidence les dissensions du commandement américain sur les objectifs opératifs, réservant les avions modernes (chasseurs Lightning par exemple) au théâtre européen et en maintenant sur l’île des bombardiers B17 incapables d’attaquer des bâtiments de surface. De la même façon, la gestion logistique de l’opération est une catastrophe avec des infrastructures portuaires inadaptées (déchargement d’un navire à la fois). Enfin, à cause des raids japonais, un navire ne peut rester sur place que pendant 6 jours utiles avant d’être repéré et attaqué. L’amiral Ghormley, qui n’a pas quitté son PC flottant depuis le début des opérations (et qui n’est pas conscient des conditions terribles de vie des soldats sur place) est relevé et remplacé par l’amiral Halsey.
 

Phase 3

Profitant des atermoiements américains, les Japonais se renforcent jusqu’au 15 octobre. Estimant qu’ils disposent d’assez de troupes pour passer à l’action, ils préparent une offensive sur trois fronts simultanés en direction d’Henderson. Mais des erreurs de coordination et de liaison conduisent les forces impériales à attaquer de manière consécutive pour s’échouer sur les défenses des Marines. L’action principale au sud du 23 octobre est un échec et les Japonais perdent 4500 hommes en quelques jours.
Les Nippons tentent un dernier débarquement aux ordres du général Tanaka qui se conclut par un échec. Dès lors le commandement américain décide enfin de faire effort sur Guadalcanal et disposent en décembre de 35 00 hommes sur place et de 250 avions. Les Américains décident alors de contre-attaquer vers le sud pour écraser les forces japonaises. Ces dernières, conscientes de leur faiblesse montent une remarquable opération amphibie pour évacuer en une semaine près de 11 000 hommes. Le 9 février 1943, Guadalcanal est définitivement aux mains des Etats-Unis.
Les Marines à Guadalcanal
 
Bilan :
Pertes US 1768 morts – 29 navires
Pertes japonaises 25 000 morts – 38 navires